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PARCOURS 

Ce chapitre reconstitue le parcours artistique de Daniel Monic,  vu sous l’angle de l’évolution de sa démarche et des choix de l’artiste pour mettre en œuvre cette démarche. Des choix qui, de la diversification de ses moyens d’expression en passant par le jeûne créatif lui ont permis une revisite de son œuvre et la dynamisation de ses actions, expositions, événements… 

Peinture, sculpture, infographie, films, vidéos, conférences…jusqu’à « l’accident » de 2001 qui provoqua son engagement dans une approche philosophique et théorique de l’Art en général et de son œuvre en particulier (la Mécanique de l’Art), dont l’aboutissement fut l’exposition rétrospective « Monic LiveUpdate » en octobre 2005 à l’Abbaye de Forest.


PARCOURS de 1968 à 2004 …Rétrospective 2005

       

1968 - 1989

1990 - 1997 1998 - 2001 2001 - 2004 Rétrospective 2005
 

Deux voies d’accès à la connaissance s’offrent à nous : l’intuition et la raison. On accorde la première de préférence aux artistes, aux poètes, comme une seconde nature et la raison aux scientifiques ou aux philosophes comme outil fondamental…

Mais ces deux voies sont indissociables : l’intuition est, souvent pour ne pas dire toujours, à la base d’une découverte ou d’une invention scientifique …Et  la raison et l’entendement participent à la matérialisation, à la concrétisation de l’œuvre d’art dans le passage de la création pure (l’intuition esthétique) à l’objet d’art matériel (tableau, statue…)

Dans une libre alliance de  l’intuition et de la  raison, mon travail symbolique perdurera de 1968 à 1989. Une partie des œuvres de cette période a été rassemblée dans le livre de A.A. Fédorkof « Voyage dans l’œuvre de Daniel Monic de 1968 à 1989 ».
Ce livre ne reprend pas, hélas
, une  trentaine d’œuvres de grand format détruites dans l’incendie d’Epernay en 1986.

 

      

« Voyage dans l’œuvre de Daniel Monic de 1968 à 1989 »

Alain Alexandre Fedorkow

Préfaces Henri Chapelle et Michel Hoquet
Un voyage par-delà le réel, par-delà l'imaginaire, dans les mondes de Monic.
 

Ce livre résume magistralement la période symbolique de Daniel Monic,

bien que son œuvre ne puisse être réduite à cette seule période.

Irréductibilité qui amènera  " Monic LiveUpdate" en octobre 2005.


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« Par sa dimension philosophique et analytique, son approche très personnelle d'un fantastique marqué de la modalité du Possible, renforcée par un  talent hors du commun, nous place en face d'un MAITRE DU GENRE  qui va bien au-delà des limites habituelles de ce courant fantastique dans lequel on le classe trop souvent.
Son œuvre qui est à la fois le reflet et le miroir de notre âme possède une efficacité redoutable à nous émouvoir et à nous plonger dans la réflexion…
Une œuvre aussi suggestive que dérangeante, aussi étrange que belle, à explorer avec minutie, à interpréter selon ses propres rêves, ses propres peurs…images énigmatiques et captivantes, audacieuses et presque sacrées, posant à l’infini les questions essentielles : le Temps…la Beauté…la Conscience…le Divin. »* 

*extrait presse Brussel’s International Fantastic Film Festival Rétrospective Daniel Monic mars 2001

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De la même façon que l’intuition scientifique se soumettra à l’expérience pour atteindre la légitimité théorique et se verra, dans ce trajet, infléchie, modifiée, corrigée  par celle-ci, l’acte de peindre, de sculpter réagit sur la création pure, sur l’intuition artistique, induit celle-ci, faisant ainsi que l’œuvre « finale » est au-delà de l’intuition de départ…

 Ma recherche de 1990 à 1997 se poursuivra en éludant l’acte de peindre afin de voir (et de faire) évoluer d’elle-même mon intuition artistique.

              De 1990 à 1997 : l’intuition artistique seule

                   

Par des esquisses rapides, des croquis, des annotations, sans souci d’exécution, j’accumule pendant plusieurs années idées et concepts … volontairement je ne mets pas sur la toile ces idées, ces intuitions qui resteront au stade de principes de créations et qui m’offriront dans leurs interactions une quasi-infinité d’œuvres possibles…

J’ai évité ainsi la réaction et l’influence de l’acte de peindre sur la conception …

En éludant l’acte de peindre, je vois et fait évoluer mon intuition artistique sans la diffraction de l’acte. Je me libérerai de la pression que peu créer chez un artiste une telle approche - concevoir sans concrétiser- en me réfugiant dans une autre expression : l’infographie qui en quelque sorte fut pour moi une re-création en  récréation … me consacrant  à des rétrospectives et travaillant malgré tout sur quelques thèmes imposés…

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De 1998 à 2001 je me ré expose dans une expression infographique et multimédia :

Explorant les quelques 30 années de ma création, je  prends alors mes œuvres passées comme matière première d’une création info graphique qui a donné naissance à des compositions de très grands formats et à une approche globale de ma recherche symbolique, pour enfin intégrer cette création info graphique  dans une expression multimédia où s’allient le symbole et le mot et qui synthétise toutes mes formes d’expression : J’introduis le lisible dans le visible.

Le fruit de cette recherche fut montré en 2001 lors du 19è Festival International du Film Fantastique de Bruxelles au catalogue duquel on pouvait lire :

« …Et le visiteur passera sans doute à côté de quelque chose d'essentiel, s'il se laisse engloutir par la lecture patente de cette oeuvre grandiose, sans chercher à en découvrir le sens latent, caché, révélateur de notre inconscient collectif et de notre nature humaine en devenir…

Et s’il était nécessaire de trouver une médiation entre son œuvre (espace sémantique et stratégie formelle), et la réalité de notre monde, entre son Imaginaire et le Réel, je répondrais : la Vie… telle quelle, dans son MYSTERE, son EVOLUTION, sa FORCE, son ABOUTISSEMENT… »

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2001 la maladie  stoppe toute production picturale et sculpturale…

Le rationnel n'épuisant pas l'intelligible, il est bon, je pense, de compléter l'apport de la raison par celui de l'intuition (et inversement) dans toute  démarche qu’elle soit  scientifique, industrielle ou artistique.

Si Raison et Intuition ne nous demande pas de permission pour s'allier à leur guise, enrichir une démarche spécifique par une autre démarche d'une autre nature, visant à éclaircir, à enrichir le sens, la signification et la portée des choses, peut aussi être entrepris d'une manière volontaire, intentionnelle, et être plus ou moins géré :

Cette intention et le fait d’être stoppé dans toute production, provoqueront mon engagement dans une  approche théorique et philosophique de 2001 à 2004

 2001 à 2004 théorie et philosophie : la mécanique de l’Art

 Mettant à profit l’interruption forcée de ma production, sur mon lit d’hôpital,  je théorise :
Une révolte contre tout silence imposé à l’artiste quant au sens de son œuvre.

L’établissement du prima de la mécanique de l’Art sur tout  fondement théorique me renforce à la fois dans ma démarche artistique et dans la permanence de mes rapports avec le monde industriel ou scientifique, dans le bien fondé des  partenariats avec des entreprises établis depuis plus de 30 ans, à travers mon concept ACE (Art Communication Entreprises). Les rapprochements que l’on constate aujourd’hui plus que jamais entre scientifiques, industriels, artistes et philosophes vont dans ce sens… 

L'Art est enfin redécouvert comme outil incontournable de communication.
L’Art partenaire interactif du nouveau défi économique.
L'art n'est plus valeur inerte, mais devient le fédérateur de la communication.
L’œuvre d’art (re)devient communication, dans ce processus universel d’Information/ expression/communication.

Dans l'approche d'une oeuvre, nous percevons d'abord le sens LITTERAL, c'est à dire le sens communément admis, où, comme on le dit et pour être bref, un chat est un chat, une rose est une rose... mais  conjointement à ce sens, que Freud dit patent (évident, manifeste) il y a un sens caché, un sens latent (inconscient et prêt à se manifester.)

Partir à la recherche de ce sens latent, c’est entamer un retour à la source du plus important phénomène de l’évolution : La symbolisation , faculté dans laquelle se fonde tout le mystère de la phénoménologie de l’esprit et de la conscience.

Sous la pression de la symbolisation jaillira l’Art, le langage, le sentiment religieux, et plus tard l’écriture, alliance de l’image et de la parole, union de l’Art et du langage, dans ce passage de   l’animalité à l’humanité (passage jalonné, du galet anthropoïde d’Afrique du Sud à la déesse mère de çatal Hüyük, par la figurine de Berekhat Ram, les tombes de Neandertal, les fresques de Lascaux…)

Cet axe « de propagation » reste en filigrane de ma démarche.

Donc après avoir exploré ce que j’appellerai la « symbolique  image », ma recherche s’oriente vers une seconde phase où l’écrit (le signifiant) devient sujet dans l’espace pictural, où la peinture devient la médiation entre signifiant et signifié…où l’abstraction de l’écriture alphabétique s’auto efface sous la pression de la peinture et où parfois la forme se dissocie de la couleur …
 La peinture se confirme comme pensée plastique, l’art affirme son pouvoir de communication et d’information

Si la peinture ne s’affirme pas résolument et définitivement comme langage (car elle ne pourrait être réduite à cela uniquement), tout au moins montre-t-elle ses possibilités linguistiques. Et, en tant que pensée plastique, elle est un trait d’union entre les mondes de l’Artiste : le réel, le perçu et l’imaginaire.
Et l’œuvre dans laquelle se matérialise cette pensée plastique, devenant un réel à son tour, est un trait d’union aussi entre les perçus et imaginaires de l’artiste et du visiteur.
Dans cette cristallisation des perçus et des imaginaires, l’œuvre prend son sens et s’affirme comme communication , indicible et indescriptible peut-être, mais effective incontestablement, et cela sans  perdre de vue son pouvoir d’information , c’est à dire d’apporter du nouveau.
Cette phase « signifiante » de mon expression restera cependant toujours enracinée dans la première, laquelle reste efficiente et indissociable, comme la symbolisation reste la faculté fondamentale de la conscience…
Cette dernière phase où lisible et visible se conjuguent jettera sur la première un éclairage nouveau et en montrera toute l’importance ;

Car que nous le voulions ou non, nous participons tous d’une démarche symbolique…toute conscience est irrémédiablement engagée dans cette voie…la dynamique du monde n’est pas un acquit mais un donné, c’est à l’intérieur de cette dynamique que nous construisons…plus ou moins bien, plus ou moins intentionnellement, plus ou moins volontairement, mais l’importance de l’énergie que nous engageons dans une démarche symbolique est là…notre liberté comme la quantité de mouvement se conserve et l’univers est encore en expansion !

J’ai constaté que la plupart des visiteurs de ma période symbolique, "piégés" par l’image, par la forme, par la "performance" de son exécution dépassent rarement le sens littéral :

Anti-conceptuelle, la Peinture prend le risque de donner  le pouvoir à la forme et à la manière (si convaincantes pour le grand public) et de rendre écrasant  le sens littéral…le mieux resterait alors l’ennemi du bien.

Afin de diminuer la pression de ce sens littéral dans lequel le public m’enferme et s’enferme la plupart du temps, au risque d’une perte de sens, et pour rendre plus pénétrable et pénétrant le sens latent, l’ exposition rétrospective d’ octobre 2005 à l’Abbaye de Forest présente  une revisite de ma période symbolique par une transgression de la forme.
Je prépare ainsi les non initiés à ce qu’ils pourraient  prendre à tort pour rupture de style  et qui introduira la dernière phase de ma recherche où je confirmerai la peinture comme  pensée plastique et la contemporanéité de ma recherche :
Cette exposition 2005  met en évidence la continuité de mon travail, le lien inaliénable qui unit mes différentes périodes, l’une naissant de l’autre, la première fondement de la dernière, les rendant indissociables.

Une « avant première » de cette exposition d’octobre  fut présentée en mars au  Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale  avec le soutient de ce dernier et celui  du 23è Festival du Film Fantastique.

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*MONIC LiveUpdate Abbaye de Forest BRUXELLES octobre 2005 :

Événement fédérateur pour le secteur de la construction, «  MONIC LiveUpdate »  a  rassemble des associations d’architectes, d’ingénieurs et de nombreuses sociétés du secteur…
Exposition peinture sculpture… journées entreprises …
Partenaires principaux : ROCKFON, ISERMATIC, UPA, ABAV, vinçotte, CREASET…

Bruxelles Octobre 2005

Photos

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