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CYBERPITHEQUE: Évolution,
libération ou aliénation ?
Apparition de la vie,
différenciation, organisation et dialogue cellulaires... préfigurent peut-être
par analogie, au sein de l'individu, les structures sociales de l'espèce, mais,
faire naître de ce déterminisme génétique le concept de Liberté est pour moi
élusif. Le déterminisme génétique seul, n'est pas libératoire, pas vraiment.
L'évolution morphologique est contrôlée par les gènes architectes que Chaline
appelle les horloges internes du vivant. Ces horloges, déréglées par les
mutations, provoquent l'apparition d'espèces nouvelles (comme l'homme). Hors,
ces mutations sont accidentelles et banales dans la nature...
Il n'y aurait donc pas libération (action de rendre libre, et libre voulant
dire qui a le pouvoir de se déterminer à sa guise) mais ALIÉNATION (philo :
état d'asservissement, devenir autre chose, étranger à soi-même, changer... )
Aliénation donc imposée par le hasard, ou, si vous préférer
l'imprévisibilité, liée à la notion d'accident (événement qui modifie ou
interrompt fortuitement le cours de quelque chose). Biologiquement,
morphologiquement, il n'y a donc pas libération d'Australopithèque en Homo
sapiens, mais ALIÉNATION.
Ce serait plutôt alors la résistance à ce système (d'évolution) qui induirait,
paradoxalement, LA LIBERTÉ :
De l'homéostasie (tendance des organismes vivants à maintenir constant
leurs paramètres biologiques face aux modifications du milieu extérieur) à
l'instinct de conservation de l'existence primitive : (terme employé par Cobb,
zone où se réalise l'hominisation, le passage de l'animalité à l'humanité),
règne le même principe de RÉSISTANCE.
Cet instinct de conservation, l'hominisation ne l'a pas supprimé. Et tout en commandant des comportements automatiques de survie, cet instinct induit (comme son complément l'indique), non seulement une opposition inconsciente au processus d'évolution, mais aussi une peur dite instinctive, inconsciente devant tout changement évolutif. Cette peur étant sans doute la seule expression possible de cette opposition. Effet ou relation de cause à effet, de cette dimension animale résiduelle qui est en nous, de cette part héréditaire et innée des tendances comportementales de l'Homme et des Animaux, de cette impulsion irraisonnée qu'est l'INSTINCT, cet instinct qui est le contenu psychique de cette symbolique animale omniprésente dans toutes nos religions, les arts, toutes les civilisations, depuis la nuit des temps et que l'homme a toujours cherché, inéluctablement à intégrer, pour s'accomplir psychiquement, humainement... Sur le chemin de l'humanité, le pré-homme, déjà conscient, a acquis la bipédie, libérant ainsi sa main, cette main qui est l'expression de la pensée, cette pensée qui lui donne accès à l'état d'éveil, cet état d'éveil qui le libère de son état terrien et lui donne alors l'ouverture au cosmique... Si cette bipédie donc est un paramètre principal de l'hominisation, l'hominisation, elle, va d'abord couper l'homme de la voie de l'animalité ! Coupure, rupture que l'homme va ensuite chercher à compenser de différentes manières : symbolique, chamanique, mythologique, religieuse... qui expliquent cette omniprésence de la symbolique animale, jusqu'à aujourd'hui, car l'homme n'en a pas encore terminé avec ce lien rompu.
Le développement de la conscience
(=perception de l'existence du monde et de soi) nous permet peu à peu de dominer
cette peur archétypale (psychan.) en la remontant au niveau conscient. Cette
remontée étant, sans doute, la seule façon possible de l'annihiler, par une
stratégie de banalisation, dédramatisation la rendant "ineffective" et nous fait
nous projeter au-delà.
C'est donc la Conscience
qui nous LIBÈRE.
Née, la conscience
échappe au déterminisme génétique, puisqu'elle (va) nous permet(tre) de le
dépasser.
Considérant l'intuition comme instinct conscient ou si vous préférer
l'association de l'instinct et de la conscience (ou plutôt de la conscience
évoluée : l'instinct à sapiens, l'intuition à sapiens-sapiens), cette perception
immédiate de la vérité sans l'aide du raisonnement
EST donc LIBERTÉ... LA LIBERTÉ.
Toute autre voie d'accès à la
vérité sera soumission. N'y voyez pas là un jugement de valeur entre intuition
et raison, car deux voies d'accès à la vérité s'offrent à nous :
Celle du raisonnement, chère aux hommes de science et la perception intuitive,
seconde nature de l'Artiste et chère aux Philosophes, mais comprenez... que
parfois l'intuition nous donne ce que nous cherchons à conquérir.
L'intuition est une dimension de la conscience
La LIBERTÉ, réponse de la
CONSCIENCE à l'antagonisme génétique
Evolution-homéostasie, changement-résistance au changement ?
D'où viendrait cette résistance ?
Peut-être de la VIE elle-même s'opposant à sa complexité
croissante qui a engendré la MORT,
la mort programmée.
Il est évident que l'on pourra
toujours accorder à la liberté un fondement biologique et donc génétique,
puisqu'elle est l'expression de la conscience et que la conscience est issue de
la VIE et que tout ce qui nous concerne est à l'extrême "rattachable" à la 1ère
cellule... SOIT, si le désir vous anime encore, au point de vouloir rattacher
absolument la liberté à une réalité concrète ! Mais, le mystère, que vous le
vouliez ou non, reste entier car cette réalité concret nous reste encore et
toujours inconnue, puisque plus profondément encore, nous ne connaissons pas la
nature ultime de la matière qui compose cette cellule.
Ce qui me semble le plus important est que la conscience et sa principale conséquence fonctionnelle, la liberté, a changé et accéléré d'une façon prodigieuse le cours de l'évolution. La conscience a généré la CULTURE, la culture modifie la direction de l'évolution génétique et la coévolution des gènes et de la culture, fut et est toujours et plus que jamais, un processus autopropulseur...
LA CONSCIENCE A LIBERE L'ÉVOLUTION.
La conscience nous a ouvert les
portes de l'intelligence Et l'intelligence nous donne le pouvoir, celui
d'accéder aux principes de l'évolution génétique, à ses mécanismes, le pouvoir
du contrôle et de l'ingérence de ces mécanismes...
Aujourd'hui, nous avons cette force.
Nous voilà aux portes du 3è millénaire, forts de nos technologies, porteuses
d'espoirs mais aussi de craintes, car les bouleversements qu'elles rendent
possibles aujourd'hui seront demain bénéfiques ou redoutables. Cela dépend de
nous, de notre sagesse.
Le 21è siècle sera celui des défis
!
Défis que notre sagesse devra relever face à notre force... Pour que l'homme
reste la raison du progrès.
Là sera la beauté de notre intelligence, de notre conscience, de notre liberté,
Là sera, là est déjà, le devoir de cette liberté !
Il faut interroger notre conscience pour, c'est vital, orienter notre démarche.
Nous avons la clef de notre avenir et de notre devenir, c'est la clef de la
liberté...
Nous allons faire un pas de plus par force, souhaitons et faisons tout, par
sagesse, pour que ce soit le bon, même si c'est le dernier, celui qui peut nous
faire passer de l'homme à l'HUMAIN !
Daniel Monic