Rétrospective 2005 Abbaye de Forest
   Daniel Monic LiveUpdate
 

Préface: Pierre Klees

 

Préfacer le catalogue de la rétrospective 2005 de l’œuvre de Daniel MONIC est à la fois un privilège et une joie.

Le privilège de mieux connaître un artiste talentueux, à la philosophie humaine, utilisant dans son art plastique tant le plan que l’espace pour traduire, selon sa propre expression, l’inéluctable réalité fluide et mouvante.

Son symbolisme, tracé ou modelé avec une précision d’orfèvre, évoque le défi, l’élan, le passage de l’obstacle, constantes de la vie et de la nature du réel.

La joie aussi de parcourir une œuvre complète, aux multiples techniques, appliquées à la peinture, à la sculpture, à l’expression infographique et multimédia, dans laquelle l’esthétisme et le dynamisme sont complémentaires comme le sont l’onde et le corpuscule en microphysique.

A la recherche perpétuelle de l’essence des choses et des événements du monde Daniel MONIC place l’acte, dans son cas le geste de l’artiste créateur, au centre de la vie éthique.

Au demeurant, Roger Mehl ne dit-il pas que l’acte est l’expression même de cette liberté qui nous arrache à la pesanteur de la vie ?

En suivant l’évolution cohérente du travail de l’artiste, depuis l’acte de peindre en 1968, aussi suggestif que dérangeant, aussi étrange que parfait en nous entraînant vers les profondeurs de l’obscur ambigu mais source d’horizon du possible, jusqu’à la mécanique de l’Art, nous percevons que l’œuvre constitue le vecteur de l’imaginaire dans le perçu et le réel et nous saisissons que cette œuvre n’est autre qu’une communication entre l’artiste et son public.

Nous en arrivons ainsi au concept de l’Art Communication et Entreprises.  Selon Albert Camus « L’art n’est pas une réjouissance solitaire mais un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée de souffrances et de joies communes ».  A ses yeux, « l’artiste se forge dans cet aller et retour perpétuel, de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher ».

L’art ne peut toutefois être porteur de la conscience collective ou d’une finalité morale, car pour lui ce serait cesser d’être.  Il n’en reste pas moins qu’il a une fonction sociale déterminante à remplir.

Il convient en conséquence d’intéresser à l’art le plus grand nombre possible de personnes.  Cela ne veut pas dire que l’artiste existe pour le public même si l’art n’existe pas sans lui.  Le public est là pour l’art et non l’inverse.

Certes l’art a servi de nombreux maîtres et l’artiste a adopté de nombreuses apparences.  Il a rehaussé l’éclat de plusieurs pouvoirs :  religieux, politiques, économiques et mis en valeur des intérieurs privés ou publics.

Aujourd’hui, il devient en outre un objet de divertissement en servant d’auxiliaire au tourisme, vecteur de promotion des villes.

Il procure du travail en se démocratisant.  Depuis les Lumières, il a développé son autonomie et par-là son indépendance.  Il constitue un havre d’accueil, de refuge précieux pour ce qui se soustrait à la logique tyrannique de la société de consommation et au vide intellectuel qu’elle entraîne.

En éliminant le marchandage, le snobisme des marchés, la médiocrité, l’art devient un lieu de rencontre, de médiation dans un monde agité par une société dont la gestion est devenue hypercomplexe.

On peut trouver dans l’art la soif de connaître, y exprimer le doute, la tolérance face à l’ignorance, la réserve.  Grâce à lui nous pouvons pratiquer la créativité et l’imaginaire, procéder à la réflexion personnelle, en un mot accéder aux plus hauts degrés de liberté et de vérité.

Pourquoi des œuvres d’art sont-elles associées aux colonnes et aux travées de bâtiments industriels et commerciaux ?

D’ordinaire ces éléments artistiques sont réservés aux temples des dieux, aux églises, aux palais des rois ou des grands seigneurs.

Parce qu’avec Daniel MONIC et bien d’autres, certains responsables d’entreprises ont conscience, comme Luc Ferry, qu’au lieu de refléter un ordre extérieur aux hommes, l’œuvre d’art devient dans notre société moderne l’expression d’un individu de génie certes mais néanmoins humain.

Remercions vivement Daniel MONIC de participer aussi activement à cet humanisme esthétique naissant, pour notre plus grand plaisir.

Je souhaite qu’à la lecture du présent catalogue de l’exposition rétrospective 2005 de l’œuvre de Daniel MONIC, dans le cadre prestigieux de l’abbaye de Forest, vous viennent le désir d’admirer les œuvres présentées et l’envie de mieux connaître leur créateur.

 

                                                                                  Prof. Ir. Pierre Klees

 

                                                                                  Président de la Poste

Président du Groupe Vinçotte

Président et administrateur délégué honoraire de Brussels International Airport Company

Août 2005